module 204 : les institutions financières et la Banque du Canada

La crise financière de 2008 nous a montré l'importance d'avoir un système financier solide afin de maintenir la confiance des investisseurs et des épargnants d'un pays.  Les institutions financières canadiennes, mieux capitalisées et mieux encadrées que plusieurs de leur concurrentes des autres pays industrialisés, ont relativement bien traversées cette crise. Dans le présent module, nous verrons quelles sont les principales institutions fiancières qui composent le système financier canadien.  Nous aborderons aussi le rôle de la Banque du Canada et la politique monétaire.

Le système financier canadien:

Supervisé par la Banque du Canada, le système financier repose sur quatre grands piliers. Depuis 1991, la Loi sur les Banques permet le décloisonnement des institutions fnancières canadiennes, favorisant aisnsi la concurrence entre les quatre grands secteurs financiers. 

Questions de discussion...

  1. Quel pilier est le plus puissant ? pourquoi ?
  2. Pourquoi les banques ont-elles plutôt mauvaise réputation auprès du public ?

Encadré 1 : La Banque du Canada 
 

 

Fondée en 1935, la Banque du Canada (www.banqueducanada.ca) est la banque centrale du pays. Située à Ottawa, elle appartient au gouvernement  fédéral depuis 1938; celui-ci étant son unique actionnaire. La Banque du Canada ne fait pas directement affaire avec les citoyens canadiens. Ce sont les banques et autres institutions financières ainsi que le gouvernement qui ont des comptes à la banque du Canada. Bien qu'elle relève du ministère des finances, la Banque du Canada garde une certaine indépendance face au gouvernement.

L’organisation de la Banque du Canada : Le conseil d’administration est composé de 15 membres.

Le gouverneur : il dirige la Banque et est nommé par le ministre des finances pour une période de 7 ans, non révocable sauf pour mauvaise conduite.

2020- ... : Tiff Macklem  (Il a été nommé par le Ministre des finances de l'époque, Bill Morneau)
2013 - 2020 : Stephen Poloz
2008 - 2013 : 
Mark Carney  (fait rare: il a quitté son poste avant la fin de son mandat pour occuper le poste de gouverneur de la "Bank of England" de 2013 à 2020).  Il sera élu Premier Ministre du Canada en 2025.

Le sous-gouverneur 

Un sous-ministre des finances.

12 administrateurs représentants les provinces canadiennes.

Les fonctions de la Banque du Canada

  1. Le banquier des banques à charte.
  2. Agent et conseiller du gouvernement fédéral
  3. Superviser le système financier canadien (ex : La loi des banques)
  4. Émettre et fournir la monnaie canadienne partout au pays.
  5. Gérer la politique monétaire du pays.(MM et taux d’escompte)

Voici quelques courts Vidéos sur les activités de la Banque du Canada.

Ils dirigent les banques centrales dans le monde...


Tiff Macklem
Banque du Canada

Jerome Powell
Réserve fédérale américaine : FED

Christine Lagarde
 (France)
Présidente de la Banque centrale européenne BCE (son siège est à Francfort, Allemagne) 

Les banques et les caisses
 
En
vertu de l’annexe 1 de la Loi sur la Banque du Canada, il y a 35 banques à charte canadiennes inscrites (2024). Ces banques font affaires au Canada et ne sont pas des filiales de banques étrangères. Les six plus grandes banques canadiennes sont souvent connues sous le nom de "Big six".  De plus, des catégories distinctes regroupent  les filiales et succursales des banques étrangères (par exemple : Bank of America, Banque Nationale de Paris, etc.). Enfin, on doit ajouter les caisses populaires et "credit unions" qui sont des coopératives, mais qui ne sont pas considérées comme des banques à charte.

Le "Big Six" des banques canadiennes (selon l’actif en 2023) 

Banque Royale du Canada (RBC) 2004 milliards $CAN 
Banque Toronto-Dominion (TD Canada Trust) 1957 milliards $CAN 
Banque de Nouvelle-Écosse (Banque Scotia) 1410  milliards $CAN 
Banque de Montréal (BMO) 1293 milliards $CAN 
Banque Canadienne Impériale de Commerce (CIBC)  975 milliards $CAN 
Banque Nationale du Canada (BNC) 454 milliards $CAN (2024)
Source : Canada: largest banks by assets 2023 | Statista


Le Mouvement Desjardins, avec un actif de 422 milliards $can (2023), se classe au sixième rang des institutions financières canadiennes.  Au Québec, Desjardins se classe au premier rang. Avec plus de 7 millions de clients (surtout au Québec), c'est le plus important groupe financier coopératif en Amérique du Nord.

et quelques autres banques canadiennes...

Banque Bridgewater, Banque Canadienne de l'Ouest, Banque Canadian Tire, Banque Citizens du Canada, Banque CS Alterna, banque de l'Ouest et du Pacifique du Cannada, Banque DirectCash, Banque Dundee du Canada, First Nations Bank of Canada Banque HomEquity, General Bank of Canada, Jameson Bank, Banque Laurentienne du Canada, Banque Manuvie du Canada, Banque Ouest, Banque des Premières Nations du Canada,  Services financiers le Choix du Président, Jameson Bank. 

Les banques virtuelles de plus en plus populaires.

Depuis quelques années, les banques virtuelles (telles ques Tangerine, EQ Bank, etc) prennent de plus en plus de place sur le marché canadien. Avec ces institutions, il est possible de déposer et d'emprunter de l'argent, de contracter une hypothèque à des taux souvent plus intéressants que dans les banques ou caisses populaires traditionnelles. Le fait que les banques virtuelles n'aient pas de succursale physique et de réseau de guichets automatiques leur permet de réduire les coûts d'opérations et d'être compétitives. Canada

Le classement des plus grandes banques dans le monde.

Certains groupes critiquent les banques et la mondialisation de la finance:

Le groupe de pression ATTAC.


D'où viennent les banques et le crédit ?

Le site suivant nous dresse un historique des banques et de l'argent sous la forme d'amusants dessins animés  !

Plus de 300 millions de $ dorment dans les comptes bancaires...

Le site suivant du ministère du revenu nous permet de retracer les propriétaires et les montants non réclamés de ces comptes. Après 10 ans, les comptes inactifs sont transférés à la Banque du Canada.


La politique monétaire.

L'État, par le biais des autorités monétaires (banques centrales), peut utiliser une politique monétaire expansionniste ou restrictive pour contrôler l'économie. Habituellement, les banques centrales visent le contrôle de l'inflation (la cible étant 2% avec une fourchette entre 1% et 3%)  et la croissance économique à long teme.  Ils agisssent indépendament du pouvoir politique en place (ministre des finances) qui lui, gère la politique budgétaire à court et moyen terme en ayant des comptes à rendre à la population.   Durant sa présidence, le président Donald Trump a critiqué ouvertement le directeur de la Fed, Jerome Powell (qu'il avait lui-même choisi !). Il lui reprochait de nuire à l'économie américaine en refusant de baisser les taux d'intérêt.  Cette forme "d'ingérence présidentielle" qui entraîne de l'instabilité sur les marchés financiers est perçue par plusieurs économistes comme une atteinte à l'indépendance que doit avoir un directeur de banque centrale.  Par ailleurs, les politiques monétaires agressives de plusieurs banques centrales pour lutter contre l'inflation en 2022-24 ont mis les banquiers centraux dans une position très impopulaire. On les a accusé d'apauvrir la population en augmentant les taux d'intérêts (pression accrue sur les détenteurs d'hypothèques, cartes de crédit, prêts auto, prêts étudiant) en plus de mener les pays vers un ralentissement économique ou même une récession.   

No. 3  Selon vous, les banques centrales doivent-elles lutter à tout prix contre l'inflation ?


Les instruments de la politique monétaire :

  1. Les opérations sur le marché libre (open market). La banque du Canada achète (augmentation de la MM) ou vend (diminution de la MM) des titres du gouvernement fédéral auprès des banques à charte.
  2. La variation du taux d’escompte ou taux directeur. La Banque du Canada ajuste (au besoin) le taux d’intérêt qu’elle exige aux banques à charte si celles-ci avaient besoin d’avances. Ce taux d’intérêt est appelé le taux d’escompte ou le taux directeur. Ce taux est un " signal " pour les banques quant à l’orientation de la politique monétaire du pays.
  1. Politique monétaire expansionniste : diminution du taux d’escompte.
  2. Politique monétaire restrictive : augmentation du taux d’escompte.

Il y a une relation inverse entre la variation de la masse monétaire et le taux d’escompte.

Le coin de l'économi$te

La création de monnaie par les banques : l'effet multiplicateur